Félix Houphouët-Boigny disait: « personne ne pourra remplacer Sékou Touré »

Il y a 33 ans, le président Félix Houphouët-Boigny disait: « personne ne pourra remplacer Sékou Touré »

La voix étreinte d’amertume du Premier ministre, Lansana Bavogui, annonçait au monde entier la triste nouvelle du décès du 1er Président de la Guinée indépendante, décès survenu dans un hôpital de Cleveland (aux Etats-Unis), des suites d’une courte maladie.

Celui qui fut un syndicaliste chevronné, militant de première heure pour la cause de l’Afrique, pionnier de la lutte pour l’Indépendance de son pays, homme politique, doublé d’une témérité légendaire, venait ainsi de tirer sa révérence dans la plus grande dignité que souhaiterait un combattant de sa trempe.

Né en 1922 à Faranah, Sékou Touré a pleinement vécu sa vie, sans répits et avec une détermination farouche de laisser ses empreintes dans l’histoire des peuples, comme une icône de la défense de la liberté et de la dignité humaine sur le continent africain. Le personnage qu’il réussit à incarner, a même fini par lui coller, de manière insipide, l’image atypique d’immortalité, lorsque certains laissaient entendre par endroit que ‘’Nul ne dira un jour voici la tombe du 1er Président de la Guinée’’.

En revanche tous les hommes sont des mortels!

La mort inattendue et surprenante du timonier plongeait la Guinée dans une incertitude que seul le destin pouvait déterminer le dénouement. Son courage, son abnégation étaient sans égal. Mais aussi, le parcours dans le temps ne dédouanait pas entièrement sa politique du côté de ses adversaires. L’ampleur des exigences n’est pas restée sans écueils. Ainsi, la fissure sociale ne présageait-elle pas des conséquences à redouter? Rien n’était moins sûr avec la justice du plus fort.

Heureusement, la sagesse a pris le dessus sur la passion. La rupture s’est opérée en douceur grâce à la clairvoyance d’un homme tiré du sérail, conduit par le démiurge pour reprendre l’étendard de la République. Cet homme qui s’est appelé Lansana Conté, militaire de son état, a été inspiré par un seul mot : Le pardon, pour soulager les cœurs et redonner l‘espoir de la continuité vers l’avenir.

31 ans après la disparition d’Ahmed Sékou Touré, l’histoire nous ravise que rien ne vaut la paix et l’amour de la Patrie. Même ses détracteurs les plus farouches reconnaissent en lui un homme qui a sacrifié sa vie au service de l’humanité. Celui-là qui nous a enseigné que : ‘’Dans la vie des Nations et des Peuples, il y a des instants qui semblent déterminer une part décisive de leur destin, ou qui en tout cas s’inscrivent en lettres capitales, autour desquelles les légendes s’édifient marquant de manière particulière au graphique de la difficile évolution humaine, des points culminants, des sommets qui expriment autant de victoires de l’homme sur lui-même, autant de conquêtes de la société sur le milieu naturel qui l’entoure’’.

Ce 26 Mars pourrait être l’occasion, pour nous guinéens, de jeter un regard dans le rétroviseur du temps pour dire que le chemin est encore long, mais aussi que la marche pour un monde meilleur est inexorablement et sûre.